Au premier tour de la Primaire de la gauche, ma voix est allée au candidat qui représentait le plus ce que doit incarner à mes yeux une gauche à la fois claire dans ses valeurs et cohérente dans son projet. Arnaud Montebourg arrive en troisième position de cette élection, et ne représentera donc pas la gauche socialiste dans l'élection présidentielle.

J'appelle dès à présent les électeurs de gauche à voter pour Benoit Hamon lors du second tour le 29 janvier prochain. Même si certaines divergences sont apparues entre les deux hommes, notamment à propos des questions régaliennes et de l'Europe, les deux programmes, fondés sur une idéologie relativement proche, sont compatibles. Les mots d'encouragement formulés ce soir à ce sujet par Arnaud Montebourg sont parfaitement clairs.

Les raisons de ce choix sont nombreuses.

  • L'attitude extrêmement agressive de Manuel Valls, dès l'issue du premier tour s'oppose au caractère au contraire appaisant et conciliateur de Benoit Hamon. La posture martiale de Manuel Valls n'est pas adaptée à ce type d'élection, et rendra extrêmement difficile la réconciliation de l'après-primaire.
  • La fermeté sur les valeurs de la gauche est la seule voie qui vaille face à la dilution dans un grand tout libéral qui ne permet plus aujoud'hui aux français de choisir qu'entre une sorte de fourre-tout idéologique et le populisme des partis extrémistes. C'est essentiel pour reconstruire une gauche moderne, mais qui ne sacrifie pas son histoire et son identité à une fausse modernité, véritable cache-misère de la capitulation idéologique de Manuel Valls.
  • L'humanisme qui m'anime conduit enfin à rejeter implacablement le porteur du projet de déchéance de nationalité, autant que l'artisan de la loi Travail et le défenseur d'une laïcité fermée, qui exclue tant de nos concitoyens à l'heure où au contraire, il faudrait renforcer leur intégration. Pour NOUS protéger.

Voilà autant de raisons, dimanche, de voter pour Benoit Hamon. On me dit parfois "mais Hamon, c'est la certitude qu'Emmanuel Macron capitalisera sur les décombres d'un PS fracturé". A ceux-là je réponds : "oui, sans doute. Mais l'avenir appartient aux hommes et aux femmes de conviction, et mieux vaut aujourd'hui perdre sur ses propres idées que de gagner sur celle des autres". Je préfère un PS fracturé, séparé de ses éléments économiquement les plus libéraux, qu'un grand tout qui ne permettrait plus aux électeurs de choisir un réel projet de société. La gauche en a vu d'autres, et c'est toujours en restant elle-même qu'elle est parvenue à se sortir des hornières dans lesquelles l'histoire la jette périodiquement, mais jamais définitivement.

Le 29 janvier, chacun choisira SA gauche. Pour moi à coup sûr, c'est Benoit Hamon qui porte désormais les couleurs de la mienne.