Avis de tempête sur la droite saint-avertinoise. La candidature de l'UDI Sophie Auconie aux élections législatives de 2017 contre Marisol Touraine et contre le candidat des Républicains, le maire de Loches Marc Angenault (voir l'article de la Nouvelle République "Sophie Auconie aux législatives dans le Lochois"), va avoir d'importantes répercussions locales et va sans aucun doute diviser les équipes en place. Un conseiller municipal d'opposition devrait s'en réjouir, me direz-vous. Mais tel n'est pas le cas, car telle n'est pas ma conception de la politique ni du respect qui est dû aux électeurs.

Tout commence à l'occasion des élections départementales de 2015, qui ont vu dans notre canton la réélection de Jean-Gérard Paumier, maire de la commune. D'abord désireux de rester maire, ce dernier a finalement, au début de 2016, accédé à la charge de Président du Conseil départemental. Dès l'élection, cette hypothèse était envisageable, et je m'en étais d'ailleurs ouvert sur ce blog, pour m'en inquiéter (voir mon billet "Le maire de Saint-Avertin va-t-il partir ?"). La conséquence immédiate de ce choix a été un changement de maire, et l'élection du premier adjoint, Alain Guillemin, par ailleurs membre de l'UDI. L'analyse de beaucoup d'entre nous sur le moment était celle du choix d'un maire de transition, destiné à préparer avec un peu d'anticipation l'élection municipale de 2020. L'idée s'est répandue un peu partout que le nouveau maire, quoiqu'il advienne de la vie politique locale, ne se représenterait pas en 2020 et laisserait la place à celui des "héritiers" de Jean-Gérard Paumier qui se serait montré le plus compétent pendant 4 ans.

Las, force est de constater que cette belle analyse doit aujourd'hui être sérieusement réinterrogée, au regard des événements récents. Dans ce contexte en effet, la déclaration de candidature de Mme Auconie sur la 3eme circonscription de l'Indre-et-Loire est tout sauf anodine. Cette dernière, après avoir été députée européenne, rejetée par Les Républicains lors de la constitution des listes pour les élections régionales de décembre 2015, a récemment décidé de s'installer à Saint-Avertin, comme elle l'a révélé elle-même à la presse ces derniers jours (voir par exemple cette interview à TV Tours). Mme Auconie, qui se définit elle-même comme une très proche d'Alain Guillemin, a choisi le territoire de Saint-Avertin pour sa déclaration de candidature (dans un restaurant bien connu des habitants du bourg), et c'est à Saint-Avertin, le 26 octobre prochain, que le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, viendra lui apporter son soutien. Alors forcément, le monde politique local s'interroge. Et si l'UDI était en train d'inventer le parachutage municipal de longue durée ? Personne en effet ne peut évacuer l'hypothèse d'une candidature de Sophie Auconie aux élections municipales de 2020, au nez et à la barbe de l'équipe mise en place par Jean-Gérard Paumier. On notera d'ailleurs au passage le véritable coup de pied de l'âne auquel se livre Mme Auconie en direction de monsieur Paumier, lorsqu'elle laisse entendre qu'il ne serait pas correct que Marc Angenault, récemment élu maire de Loches, quitte déjà ses administrés pour la députation. Soit exactement le reproche que nous étions quelques uns à avoir fait à Jean-Gérard Paumier.

Il n'est donc pas exclu, au final, que Mme Auconie tente de faire d'une pierre deux coups, et que sa candidature sur notre circonscription ne soit aussi, pour elle, l'occasion de se faire connaître des saint-avertinois, ses tout nouveaux concitoyens... Reste alors à savoir comment les élus de la majorité, qui ont été - faut-il le rappeler - élus sur le nom et la personnalité de Jean-Gérard Paumier et non d'Alain Guillemin, réagiront à cette forme "soft" de parachutage. Réponse, sans doute, dans les prochains mois.

Mais d'ores et déjà, conseiller municipal socialiste élu sur une liste d'opposition, je m'inquiète de la tournure des événements. Comme j'ai eu l'occasion de le dire lors du Conseil muncipal du 21 septembre dernier, j'ai une pensée toute particulière pour les électeurs qui se sont exprimés au mois de mars 2014. Entre le ralliement de Nicolas Champs (lui aussi élu sur une liste centriste) à l'équipe municipale, le repositionnement des élus ex-UDI derrière Emmanuel Macron et surtout le changement de maire, le conseil municipal n'a plus du tout la même configuration que celle qui était sortie des urnes. Cela aura sans aucun doute des conséquences politiques. Car la guerre de tranchées qui démarre dans le cadre de l'élection législative obligera rapidement les uns et les autres à se positionner, et sans doute, de ce fait, à s'affronter. Les prémices de cette dégradation se sont clairement fait sentir lors du conseil municipal de la semaine dernière, qui a vu s'affronter de façon assez peu républicaine, il faut le dire, ex et actuels membres de l'UDI locale. La gauche, pendant ce temps, garde son cap, et reste fidèle, conseil municipal après conseil municipal, aux engagements pris envers ses électeurs. Personne ne peut se réjouir de la cacophonie naissante, qui n'aura pas d'autre conséquence que de déconsidérer encore un peu plus le monde politique. La démocratie est une chose sérieuse, le respect des électeurs qu'elle implique ne doit pas être une variable d'ajustement des stratégies personnelles des un(e)s et des autres. A notre place, nous y veillerons.